15 juillet 2007

Curieux « printemps de la démocratie »...

Un article tiré du Monde Diplomatique 30fc62ec5c2911660a569ff13509621c.jpg

daté de mai 2007 (page 6)

 

 

Dans ses formes les plus visibles et institutionnelles, la démocratie paraît sortir gagnante du premier tour de la campagne présidentielle française. En privilégiant les représentants des deux principaux partis qui alternent au pouvoir, les résultats du 22 avril 2007 semblent avoir remis en selle la confrontation politique habituelle, et la substitution de l’Union pour la démocratie française (UDF) au Front national (FN) dans le rôle de l’outsider paraît redonner de surcroît à la démocratie ses références ordinaires. Les règles de financement public et l’égal accès (pendant quelques semaines) de tous les candidats aux antennes nationales ont contribué à ouvrir la lutte politique. Enfin, le taux de participation (83,78 %) semble enregistrer les retrouvailles enchantées des citoyens avec la voie des urnes. Comment ne pas se réjouir de certains de ces aspects ?

 

Pourtant, sous cette apparente réconciliation de la démocratie avec elle-même, la campagne présidentielle a révélé des phénomènes qui en dérangent le fonctionnement routinier. La conjoncture incertaine dans laquelle elle a débuté a poussé à l’extrême un mécanisme qui offre un pouvoir singulier à ceux dont le crédit principal provient de leurs relations avec des acteurs de plus en plus déterminants en politique (instituts de sondage, presse, patronat). Les règles de la compétition en ont été modifiées.

 

Le clivage droite-gauche – présenté comme obsolète, archaïque, rétrograde, et dont la fin fut si souvent prophétisée – n’est plus invoqué que pour démarquer entre elles des personnalités, dans le déni des politiques qu’elles ont conduites ou qu’elles annoncent. Les rappels à l’ordre sur le sens des positions à tenir et des causes à défendre disparaissent alors au profit des choix tactiques et des calculs électoraux, alimentant aussi bien les appels au vote que les justifications des candidatures, des ralliements – ou les commentaires de presse.

 

La nouveauté tient à l’affichage public de ces calculs, lequel, en faisant passer sur le devant de la scène électorale les coulisses des transactions, lève un certain nombre de censures sur ce qu’il est possible et pensable de dire et de faire en politique. « Vote utile », « meilleur candidat pour l’emporter », « pour battre Sarkozy », « pour prendre ses électeurs à Le Pen » : ces arguments ont été souvent les seuls programmes avancés. Quand des idées substantielles ont été affirmées, elles le furent moins pour les questions de société qu’elles soulevaient que pour les profits qu’elles laissaient espérer. Etrange campagne, donc, qui a vu, sinon la défaite des idéaux, du moins leur reformulation en fonction des tactiques du moment. Elle illustre la nouvelle configuration, en cours de gestation, où les intérêts politiques immédiats des uns vont de pair avec les anticipations affolées des autres. Sa dynamique suit les soubresauts de la cavalcade impulsée par les sondages.

 

La suite sur

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/05/COLLOVALD/14692

16 mai 2007

Les temps changent....

medium_passation_de_pouvoir.jpgMercredi 16 mai, passation de pouvoir à l'Elysée. Chirac s'en va, Sarkozy arrive. Le nouveau président de la République prend la parole et s'adresse aux Français.

 Ca me fait tout drôle... lui, ministre, candidat, devenir LE président ! Je n'avais connu que Chirac finalement. Je suis trop jeune pour me souvenir d'un Mitterrand président. Je me rappelle à peine de ses obsèques. Alors, j'ai grandi avec Chirac, pendant douze ans, et il était devenu celui qu'on voyait toujours comme le représentant de la France.

 Mais, là c'est fini, les temps changent... le président a changé, la France peut être. Il faut s'adapter.

10 mai 2007

Et maintenant ?

            Alors que notre nouveau président prend des vacances luxueuses à Malte, rien ne change pour le français moyen. Seuls les politiques et leurs militants s’interrogent. Je livre alors mon analyse trois jours après le second tour.

 

            Au Parti Socialiste, les couteaux sont tirés. François Hollande a toute la légitimité pour mener le combat des législatives, comme il l’avait fait en 2002. Ségolène Royal a bien entendu sa place dans ce combat. Et selon les échos, elle reprendrait sa place à l’Assemblée pour devenir la chef de l’opposition. DSK se dit « disponible », mais qui en veut, après sa performance télévisée dimanche soir à 20h10 ? Fabius persévère à gauche de la gauche.

 

            A l’UDF (Mouvement Démocrate à partir du 10 mai), le départ des élus continue. Vingt-deux députés sur vingt-neuf sont déjà passés dans le pôle centriste de l’UMP pendant l’entre-deux tours. Même Hervé Morin ou Maurice Leroy, les lieutenants de François Bayrou, sont partis rejoindre leur ancien ennemi De Robien. Le président de l’UDF reste seul avec un électorat très volatil et partagé (40% pour Sarkozy ; 38% pour Royal). Je crains sincèrement que le Mouvement Démocrate va faire un flop pour les législatives. Je trouve qu’il est dommage que cette nouvelle vision de faire de la politique incarnée par François Bayrou s’évapore aussi vite. Mais les gens ne sont pas prêts. J’espère seulement que nous garderons Ségolène Royal parmi nos leaders.

 

            Mes amis centristes, qui m’avaient invité à quitter le navire pour les rejoindre, risquent finalement de venir chez nous ! Le seul moyen de contenir la politique de Sarkozy serait qu’il n’ait qu’une majorité relative à l’Assemblée Nationale. Une alliance PS-MD pourrait alors gouverner la France. Cependant, nos premières analyses nous donnent 120 circonscriptions gagnables et je pense que le MD n’aura que très peu de députés, les actuels centristes préférant le gain à la morale politique… Le Parti Socialiste va sûrement faire évoluer sa doctrine vers le centre avec DSK et Ségolène. Fabius risque de prendre le parti de la gauche de la gauche.

 

            Alors, Bayrou viendrait-il dans ce parti rénové ? J’y adhère !

07 mai 2007

Ananlyse du vote

Je vous livre les résultats de Villebois-Lavalette et je les analyse. Nous connaissons le nouveau chef de l'Etat et tous les commentateurs nous ont donné leur vision des rapports de voix, mais au niveau local, comment ça s'est passé ?

- Inscrits : 556
- Votants : 482 (86,92%)
- Exprimés : 472 (97,92%)
- Sarkozy : 156 (33,05%)
- Ségolène : 115 (24,36%)
- Bayrou : 94 (19,92%)
- Le Pen : 36 (7,63%)
- Besancenot : 21 (4,45%)
- De Villiers : 20 (4,24%)
- Laguiller : 8 (1,69%)
- Bové : 8 (1,69%)
- Nihous : 6 (1,27%)
- Voynet : 4 (0,85%)
- Buffet : 2 (0,42%)
- Shivardi : 2 (0,42%)

Grossièrement :
- Gauche : 160 (33,9%)
- Centre : 94 (19,9%)
- Droite : 218 (46,2%)

Les rapports de force ne font aucun doute, cela confirme Villebois à droite et il est intéressant de comparer avec le résultat du second tour :

- Inscrits : 556
- Votants : 491 (88,31%)
- Exprimés : 475 (96,74%)
- Sarkozy : 274 (57,68%)
- Royal : 201 (42,32%)

Le constat est clair : Villebois reste à droite. Cependant, nous pouvons observer une augmentation de la participation (+ 9 votants) mais dans le même temps une tendance au vote blanc (2,7% à 3,3%). Pour le report des voix, notre calcul (tout relatif) nous donnait 94 voix de Bayrou à distribuer. Nous avons en plus les 9 bulletins à ajouter dus à l'augmentation de la participation. Sur ces 103 voix, 41 sont allées sur Royal, 56 sur Sarkozy et 6 chez les blancs ou nuls. Ainsi, le report des voix pour Royal s'est mieux fait qu'au niveau national (43,62% contre 38%).

Après les législatives, je ferai un historique de progression pour le canton.

Le combat continue…

J’étais à Solferino hier soir pour les résultats du second tour. Même si je m’y étais préparé, le choc a été dur. Nous sommes arrivés vers 18h45 dans cette rue qui se remplissait rapidement. L’écran géant branché sur France 2 nous montrait les images des quartiers généraux. A chaque apparition de l’UMP, les huées s’élevaient et lorsque nous passions à la TV, tout le monde criait. Le pauvre journaliste ne pouvait pas en placer une. Dans la foule, les rumeurs vont bon train : « ça y est c’est fichu ? il est à combien ? 53, 55 ? ».

 

Le décompte passe vite et à l’heure fatidique, ce sont des cris, des larmes, du désespoir… Ségolène parle très vite. Elle est « sereine » (expression des journalistes) et souriante. Elle a perdu mais elle conserve sa détermination, son courage et son énergie. Elle a un discours d’apaisement mais en même temps elle affiche sa volonté de continuer le combat. Elle est acclamée, des « merci » fusent de partout, elle est notre égérie. DSK intervient aussi très rapidement sur France 2 et commence à poser ses marques en vue de la prise de tête de l’opposition. Il critique la campagne et la gauche : il est hué ! « Connard !», « vendu !», « qu’il ne compte pas sur nous pour voter pour lui ». Je trouve son attitude nauséabonde… Fabius intervient : peu d’intérêt dans la foule, de l’indifférence.

 

Mais alors que tout le monde commence à partir, Ségolène arrive à Solferino et c’est l’euphorie ! Elle apparaît au balcon et tout le monde lui crie des « merci », des ballons sont lâchés, on chante la Marseillaise. Elle nous remonte le moral, elle est là pour nous ! Je suis dans un état de sérénité extraordinaire, je suis prêt à tout pour elle ! C’est un sentiment qui ne s’explique pas… De la musique est mise, on danse, on se console… et nous ne faisons pas long feu.

 

Premier (et dernier) cadeau de Sarko, le métro est gratuit. On n’aura pas tout perdu !

06 mai 2007

Duel final

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Nous voici donc aujourd'hui dimanche 6 mai, deuxième tour de l'élection présidentielle. Nous avons été nombreux à nous mobiliser et je voudrais rendre hommage aux militants méritants. Nous avons tracté, affiché, organisé des rencontres des concerts, nous nous sommes donnés
pour nos valeurs et notre candidat(e).

           Aujourd'hui entre soulagement impuissance, nous allons voir apparaitre le visage du prochain chef d'Etat. Je suivrai les résultats à Paris, en compagnie de mes camarades. Nous passerons ensuite une partie de la soirée ensemble. Puis, le cours de la vie reprendra, nous allons nous atteler à un autre combat, celui des législatives où nous devrons trouver une majorité pour diriger la France.

           Résultats ce soir, 20h...

03 mai 2007

Honte à vous !

La rencontre-débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a été historique. Elle a ouvert un boulevard politique pour ceux qui croient en l’avenir. Un avenir serein dans une France forte, fière de ses valeurs et confiante en ses lendemains. Cette élection présidentielle a vu l’émergence d’une nouvelle force qui doit se concrétiser à l’Assemblée Nationale et qui devra peser dans le débat. La somme des voix de gauche ne nous portent qu’à 37% et il serait de mauvaise foi de dire que l’élection ne se gagnera pas au centre.

 

J’ai fait un rêve, le rêve d’une nouvelle force qui se lève et qui se met en marche vers la victoire. Une liesse populaire s’emparant de son destin en amenant une femme au pouvoir. Et ensuite, un essai transformé aux législatives avec une alliance rose orangée qui ferait évoluer les mentalités et les clivages politiques. Une alliance forte à la majorité absolue pour plusieurs mandatures à l’image des pays scandinaves.

 

Alors, ne nous trompons pas, ne faisons pas l’erreur de choisir pour cinq ans la condamnation des dissidences. Ne nous abaissons pas à l’avidité politique en se faisant acheter par un mandat qui n’aura aucune valeur une fois acquis. Ne nous laissons pas berner ! L’UDF que promet le duo De Robien - Sarkozy ne sera qu’un sous-fifre de l’UMP aux ordres de dernier, tel un pantin politique. Nous avons besoin d’un grand parti démocrate capable de rassembler les tendances autour d’un projet viable. Ayez honte messieurs les députés centristes, vous qui avez soutenu cette belle idée de démocratie portée par François Bayrou, ayez honte de vous rallier à Nicolas Sarkozy pour une circonscription où aucun candidat UMP ne s’opposera à vous ! Quel courage politique ! Votre honnêteté politique vous honore !

01 mai 2007

Pour la sauvegarde du vote manuel

Depuis 2004, en France, un nombre croissant de communes s'équipent en ordinateurs de vote (dénommés “machines à voter” par le Code électoral). Plus d'un million d'électeurs seront concernés en 2007.

Nous avons connu les ratés de l'élection présidentielle américaine où les machines de vote électronique avait semé le doute. Nous n'avons aucun moyen de contrôle de ces machines et le risque que l'entreprise productrice ait en main le destin du vote est grand.

Signez et faites signer la pétition pour le maintien du vote papier : http://www.ordinateurs-de-vote.org/petition/

petition.htm

28 avril 2007

Le MJS s'offre un concert

            Dans le cadre des présidentielles, nous avons organisé un "concert pour le changement" à Croin (à côté de Cognac) le samedi 28 avril. Environ deux cents personnes sont venues assister aux représentations des groupes locaux venus se produire sur la scène municipale. Ce fut une réussite puisque cela a drainé de nombreux jeunes (une vingtaine seulement de militants socialistes) qui ont pu passer au stand MJS. Nous avons fait deux adhésions ! Le groupe s'agrandit et il faut aller jusqu'à scinder la fédération en deux : le groupe pays du Cognac et le groupe Angoulême-Confolens.

            Il faut quand même préciser que nous avons mener ce projet à cinq, dans la précipitation, et que le bilan est très très positif. Nous avons donné le maximum pour cette campagne et si nous perdons, nous ne pourrons pas nous en vouloir.

            Voir à cette occasion l'article de Sud-Ouest dans la rubrique : ma revue de presse.

22 avril 2007

A voté !

medium_marianne.jpgComme les candidats, je publie officiellement l'acte citoyen que j'ai accompli ce matin. A 12h15, je me suis rendu dans mon bureau de vote à Villebois-Lavalette. Comme un citoyen modèle, j'ai pris tous les bulletins et je me suis rendu dans l'isoloire, sans grande incertitude. Comme vous le savez, j'ai voté une deuxième fois pour Ségolène (et oui, la première fois, c'était aux régionales). Je me suis représenté une deuxième fois car j'ai eu la chance qu'une amie me donne sa procuration. Cet acte sincère d'amitié m'a beaucoup touché et elle sait qu'elle peut me faire confiance. J'ai donc refait une deuxième fois le parcours et j'ai voté selon sa conscience et son souhait.

 Le premier constat est un taux de participation très élevé. En effet, 150 personnes à 10h et j'étais le 292e à 12H15 sur à peu près 550 inscrits, ce qui fait plus de la moitié de votants. Le deuxième constat s'appuie sur les piles de bulletins. Les quatre favoris avaient des piles beaucoup plus basses que les autres, avec un avantage pour Sarko et Bayrou. Mais nous sommes dans une commune de droite donc c'est normal (j'essaie de me rassurer). La dernière fois, Le Pen avait recueilli 55 voix, ce qui est énorme chez nous. Son résultat ce soir nous donnera une indication... 

Alors à 19h, à Villebois c'est :

- Inscrits : 556
- Votants : 482 (86,92%)
- Sarkozy : 156 (33,05%)
- Ségolène : 115 (24,36%)
- Bayrou : 94 (19,92%)
- Le Pen : 36 (7,63%)
- Besancenot : 21 (4,45%)
- De Villiers : 20 (4,24%)
- Laguiller : 8 (1,69%)
- Bové : 8 (1,69%)
- Nihous : 6 (1,27%)
- Voynet : 4 (0,85%)
- Buffet : 2 (0,42%)
- Shivardi : 2 (0,42%)

... sans commentaires avant 20h !

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